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Vous prendrez bien encore un peu d’huile ?

Huiler, pétrir, malaxer, huiler encore, lisser et sentir l’assouplissement sous vos mains. Une nouvelle recette de pizza ? Eh bien non ! Une séance de massage plutôt ! Et qui dit massage, dit huile bien entendu. L’huile sert à faire glisser nos mains pendant le massage mais elle a également des vertus nourrissantes pour la peau.
Après tout, si nous sommes toujours à la recherche du meilleur pour nos enfants, il s’agirait déjà de commencer par savoir ce que nous utilisons en contact direct avec leur peau.

Je vous propose donc aujourd’hui un petit topo sur les huiles qu’on peut utiliser ou non sur la peau de nos bébés.

« Le type d’huile que vous utiliserez dépendra de nombreux facteurs. Certains dépendent des préférences culturelles, des traditions familiales, du type de peau, des allergies, des disponibilités, du coût et de l’état de santé du bébé » (source AFMB)

En effet, la peau d’un bébé est très perméable, donc fragile, et laisse pénétrer les substances qu’on y applique. En tant qu’instructrice en massage pour bébé certifiée par l’AFMB (Association Française de Massage pour Bébé), voici ce que je conseille aux mamans que je rencontre :

  • utiliser des huiles végétales : elles sont facilement assimilables par l’organisme.

De plus, si elles sont ingérées par le bébé (qui suce ses mains après un massage), on a la garantie qu’elles sont comestibles et digestes et ne risqueront pas d’incommoder le petit massé. Ces huiles nourrissent la peau et lui permettent de respirer.

  • préférer des huiles BIO : on sait que les champs d'où proviennent ces huiles reçoivent moins de pesticides, ou des pesticides moins nocifs pour la santé que les autres champs traités de manière classique.

  • s’assurer que les huiles sont des « 1ères pressions à froid » : ce procédé, où l’huile n’est pas chauffée, permet de conserver l’ensemble des propriétés de cette dernière.

  • utiliser des huiles non parfumées : un bébé reconnaît l’odeur de son parent et un parfum supplémentaire interférera dans l’interaction et le lien parent-enfant pendant le massage. Ce parfum peut également induire une surstimulation inutile de l’odorat du bébé, allant jusqu’à l’énervement de ce dernier.

Partant de ces bases essentielles quant au choix de l’huile, je propose le mélange suivant aux parents qui souhaitent masser leur enfant : 2/3 d’huile de tournesol et 1/3 d’huile de colza. Eh oui, tout simplement ! Des huiles que vous utilisez certainement dans votre cuisine !

Le colza est naturellement riche en Omega-3 et en Omega-9, nécessaires au développement de l’enfant. Le tournesol est quant à lui riche en vitamines A et E.

Vous pouvez également n'utiliser que de l’huile de tournesol, ou que de l’huile de colza, sans les mélanger. Ou encore, une semaine une huile, et la semaine suivante une autre, permettant ainsi à votre bébé de bénéficier de différents apports.

Un autre avantage de ces deux huiles est leur faible coût, comparé à d’autres huiles (jojoba ou argan, beaucoup plus onéreuses). On peut même les trouver en grande surface au rayon BIO.

Pour des bébés à la peau plus fragile (comme les bébés métis dont la peau est particulièrement sèche, comme me l’a expliqué une maman), ou avec de l’eczéma, j’oriente plutôt vers des huiles de calendula, à base d’onagre, ou de bourrache (qu’on trouve plutôt en magasin bio).

Ponctuellement, on peut aussi utiliser du liniment oléo-calcaire que les mamans connaissent et utilisent généralement pour le change de leur bébé. C’est un mélange à parties égales d'huile d'olive et d'eau de chaux. (Cette émulsion, lorsqu’elle est au repos, se sépare en deux phases, d’où la nécessité d’agiter le flacon avant de s’en servir). L’eau de chaux assèche la peau et l’huile d’olive la graisse et la nourrit, ce qui en fait le produit phare contre l’érythème fessier ! Aussi, l’utilisation du liniment pour masser son bébé ne doit pas être trop fréquente en raison du pouvoir asséchant de l’eau de chaux.

Selon les régions du monde où l'on pratique le massage pour bébé, le corps gras utilisé varie également.

En Afrique noire, les mamans utilisent le beurre de karité notamment. Son odeur est particulièrement forte mais cela fait partie de leur culture et ne les incommode pas. J’ai d’ailleurs eu, à plusieurs reprises, des mamans originaires du Mali qui venaient à mon cours avec leur pot de beurre de karité, laissant de côté mon flacon d’huile !

Dans les pays orientaux, c’est l’huile d’olive qui est fréquemment utilisée (l’huile d’argan dont on parle beaucoup étant plutôt à réserver pour les peaux d’adultes).

Concernant l’huile d’olive, j’ouvre juste une petite parenthèse : c’est une huile très intéressante d’un point de vue qualitatif (demandez à vos grands-mères !) mais son odeur est assez prononcée et peut déranger certains parents qui auront l’impression d’assaisonner une salade en massant leur bébé. Elle est également très grasse, rendant le rhabillage du bébé après la séance difficile et risquant de tacher ses vêtements.

En Inde, on utilise de l’huile de carapate ou l’huile de sésame, alors que les Etats-Unis interdisent cette dernière.

Et l’huile d’amande douce, on en parle ?

C’est généralement la première huile citée par les mamans quand je leur demande quelle huile utiliser sur un bébé !

Il faut pourtant dire que ce n’est pas un choix judicieux en première intention… En effet, l’amande est un fruit à coque comportant des risques allergènes importants. Or, on ne peut jamais savoir à l’avance ce à quoi son bébé est allergique. Ce principe de précaution s’applique également à l’huile de noix ou de noisette.

Il nous reste à aborder maintenant les huiles à ne PAS utiliser sur un bébé.

En premier lieu, citons les huiles essentielles. Pour certaines, il faut attendre que l’enfant ait atteint l’âge de 3 ans, mais pour d’autres, il est préférable d’attendre 6 ans (à proscrire également chez les femmes enceintes ou allaitantes). A savoir aussi qu’une huile essentielle ne doit jamais être utilisée pure en contact direct avec la peau : elle doit toujours être diluée dans de l’huile végétale.

Les huiles minérales, trop souvent présentes dans les huiles « spéciales bébé » vendues dans le commerce (ou présentes dans les coffrets offerts aux mamans dans les maternités) ne sont pas non plus des choix de prédilection. Ces huiles, dont les molécules sont dérivées du pétrole, ne sont pas assimilables par le corps. Si le bébé en avale, en suçant ses doigts par exemple, ces huiles peuvent laisser un film sur la surface du tube digestif et interférer avec l’absorption normale de la nourriture.

Elles laissent également une couche à la surface de la peau, gênant la respiration de cette dernière.

Pour finir, il me semble nécessaire d’attirer l’attention sur les huiles de massage offertes dans les boites roses des maternités : contrairement aux allégations des firmes qui les commercialisent, elles sont trop souvent inadaptées à la peau d’un tout-petit (problématique que l’on retrouve avec les crèmes ou laits pour le corps, les lingettes etc…)

En clair, l’éventail des huiles adaptées au massage pour bébé est finalement assez large.

Il suffit de respecter quelques consignes de base et se diriger autant que possible vers des huiles pures ou à la composition la plus simple possible. Bien entendu, avant toute utilisation sur l’ensemble du corps, pensez à tester la tolérance de votre bébé à l’huile que vous souhaitez utiliser. Pour ce faire, appliquez une goutte d’huile derrière son oreille et surveillez pendant 48h s'il y a une quelconque réaction. Si tout va bien, vous pouvez l’utiliser sur votre bébé.

Ensuite, à vous de voir quelle huile vous convient le mieux, à vous et à votre bébé, du point de vue de la texture, de son pouvoir graissant ou glissant, ou encore de son odeur naturelle.

Plutôt simple non ? Alors, à vous de huiler maintenant !

 

Karine Sananes

Passionnée depuis longtemps par l'univers des nourrissons, je vous propose, à travers mes ateliers de massage, de découvrir leurs besoins ainsi que leur façon de communiquer, mais aussi comment leur apporter détente et réconfort. J’accompagne et soutiens également les mamans qui souhaitent allaiter ou qui allaitent déjà.