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Unis dans la diversité

Nous avons vu le mois dernier que l'une des propriétés du mois d’Iyar était celle de la santé. Ceci était mis en avant par la Manne. Cette nourriture spécialement créée par D.ieu était parfaitement adaptée à chacun d’entre nous d’une part, et d’autre part sa récolte et son usage nécessitaient d’observer consciencieusement les ordres divins la régissant, sous peine de la voir fourmiller de vers… Ceci, ainsi que l’épisode des eaux amères de Marah, forment une sorte d’initiation à la Torah et à ses Mitsvot avant le don de la Torah. Le Rav Shimshon Raphael Hirsch continue cette idée en expliquant que la santé morale et corporelle, de l’homme et de la société, dépendent de l’observation de la Torah : « Ani Hachem Rofékha », « Je suis l’Eternel ton guérisseur »[1].

Ce mois d’Iyar est la deuxième étape que les enfants d’Israël complètent depuis leur départ d’Egypte, la première étape était en Nissan où ils ont été tirés de l’esclavage égyptien. Une fois ce stade passé, le niveau spirituel du peuple lui permet de passer à la deuxième étape, celle du mois d’Iyar, et de recevoir cette initiation aux Mitsvot mais aussi ce pain venu du Ciel … et en conséquence, de monter une fois de plus au niveau spirituel suivant, celui permettant d’arriver à notre mois, celui de Sivan, où nous assistons à la révélation divine lors du Don de la Torah sur le mont Sinaï, que nous célébrerons à Chavouot[2].

A ce mois se rattache, comme toujours, un signe astrologique. Cette fois il s’agit du Mazal Te’omim, les jumeaux. Nous avons dans le livre de la Genèse deux paires de jumeaux. Jacob et Esav, les fils d'Isaac et Rebecca, et Peretz et Zerakh, ceux de Tamar et Yehouda, fils de Jacob. Ces deux paires de jumeaux sont différentes par leur essence-même et ceci est reflété dans les versets indiquant que leur mère a deux enfants en son sein : une des lettres du mot « jumeaux » est manquante dans le verset concernant Jacob et Esav. Rachi[3] nous explique que c’est parce que l’un des deux sera un juste alors que l’autre prendra le mauvais chemin, ce qui n’est pas le cas des deux garçons de Yehouda et Tamar, qui seront tous les deux des justes.

Ceci nous rappelle la caractéristique des jumeaux. Les jumeaux sont deux êtres séparés, différents. Il peut donc y avoir une dualité. Mais d’un autre côté les jumeaux sont indissociables. Lorsque l’un d'eux souffre, l’autre ne se sentira pas bien lui aussi. Il y a un fil invisible qui les relie, une unité inhérente[4].

Cette dualité existe dans l’homme et elle existe dans le peuple. Au mois de Sivan, les enfants d’Israël ont appris (ou du moins commencé à apprendre) à gérer la dualité qui peut exister entre eux, à l’unir. Plus encore, ils se sont unis, malgré les différences qui existent naturellement, durant cette période entre la sortie d’Egypte et l’arrivée au pied du mont Sinaï. C’est ainsi que lorsque la Torah décrit que les enfants d’Israël ont quitté Refidim et ont posé leurs tentes face au mont Sinaï, le verbe utilisé pour quitter Refidim est conjugué au pluriel alors que celui de l’arrivée au mont Sinaï est au singulier, indiquant l’unité du peuple[5].

Une fois ce stade atteint, où le peuple n’a plus qu'une seule voix commune, n’est pas un assemblage d’êtres différents allant chacun de son côté, mais plutôt une somme d’individus divers naturellement mais unis spirituellement, alors ils peuvent recevoir la Torah.

Nous sommes en train de compléter le compte du Omer, 49 jours, 49 étapes pour se raffiner chacun individuellement et tous ensemble. Notre diversité n’est pas un obstacle si nous savons être unis, si nous pouvons planter nos tentes au singulier : « Ke’ich e’had belev e’had [6]» - « comme un homme, avec un seul cœur ».

Bon mois de Sivan à tous et d’excellentes fêtes de Chavouot.

 

 

 

[1] Rav S.R. Hirsch sur Exode 15,25

[2]Voir Avodat Israel Bamidbar sur Chavouot

[3] Rachi sur Genèse 25,24 et 38 , 27

[4] Bne Yissachar Hodech Sivan et Avodat Israel sur Chavouot

[5] Exode 19, 2

[6] Rachi sur Exode 19, 2

Nathalie Loewenberg

Nathalie est une yoetzet halakha - conseillère en pureté familiale. Elle est aussi une épouse et une mère. Son défi quotidien est de remplir pleinement ces différents rôles entre 2 carreaux de chocolat et un verre de thé (au lait s'il vous plait).