Porter son bébé, oui mais pourquoi ?

Abordons ensemble un sujet qui déchaîne les passions et anime les débats: le portage des bébés.


Porter son enfant est un geste ancestral, qu’on retrouve dans toutes les cultures : seule la technique varie ! 
Après avoir passé neuf mois (parfois moins) au chaud dans le ventre maternel, voilà que le tout-petit arrive au monde, dans le bruit, l’air frais, la lumière crue et sans enveloppe contenante. La jeune maman s’attend à accueillir un bébé qui mange et qui dort comme on le lui a promis, mais ce nouvel être semble avoir d’autres projets ! Le besoin de contact du nourrisson est primordial, plus important même que le besoin de s’alimenter. Les nouveau-nés humains font partie de la catégorie des petits portés actifs : ils ont, dès la naissance un réflexe d’agrippement qui fait partie des réflexes de survie. Ils ont besoin du contact corporel pour se sentir en sécurité et mieux profiter des stimulations extérieures.

A cela s’ajoutent les petits désagréments de l’adaptation du nourrisson au monde : coliques, reflux, angoisses du soir, pics de croissance…

Comment répondre à ces pleurs ? Comment gérer le quotidien lorsqu’il y a des aînés à la maison et qu’on a besoin de ses deux mains ? 


Et si la solution, c’était le portage ?
Porter son bébé présente de nombreux avantages. Il laisse aux parents les mains libres, répond au besoin de contact du nouveau-né, rassure par l’odeur maternelle et le bruit connu des battements du cœur de maman, réchauffe grâce à la chaleur corporelle du porteur, améliore le confort de bébé en cas de reflux par la position verticale, soulage ses maux de ventres et aide à évacuer les gaz grâce au contact ventre à ventre et à la position physiologique accroupie…

En cas de naissance prématurée ou médicalement compliquée, porter son bébé (en peau à peau ou non) aide à construire du lien avec son bébé, à rattraper le manque de contact de la naissance précipitée et permet à la maman de se sentir utile et compétente auprès de son bébé. La méthode kangourou, expérimentée en Colombie par N. Charpak a prouvé que les bébés prématurés portés en peau à peau 24h/24 par leur maman se développaient mieux que les bébés placés en couveuse !

Nous sommes donc d’accord pour dire que le portage du nourrisson facilite son adaptation au monde en le rassurant par un contact corporel stable et en améliorant son confort. La diminution des pleurs chez le nouveau-né porté est d’ailleurs prouvée scientifiquement (Source : Hunziker UA and Barr RG, Increased carrying reduces infant crying: a randomized controlled trial, Pediatrics 1986), et un nourrisson plus serein sera plus apte à faire des premières expériences positives. 

La nouvelle maman qui traverse une chute hormonale sera elle aussi soulagée de voir son tout-petit se calmer et de savoir qu’elle pourra traverser les premiers mois de son enfant de manière plus sereine !

Et pour terminer, je réponds à la question qui vous brûle les lèvres : mon bébé va–t-il s’habituer aux bras ? Vous vous en doutez, la réponse est non !
Porter son enfant et répondre à son besoin de contact c’est lui envoyer des messages de sécurité et de confiance en nous et en lui. Ces messages sont stockés et il pourra, en grandissant faire son expérience de l’indépendance de manière sereine tout en sachant que sa figure d’attachement est présente et stable. S’attacher pour mieux se détacher, donner des bases affectives solides et faire la navette entre lien et autonomie, c’est aussi ça le portage !

Au prochain épisode, des précisions sur le portage physiologique et comment porter son bébé en respectant son développement.

Hannah Leah Danan

Orthophoniste à Strasbourg , passionnée de portage en écharpe et porte-bébé physiologique, je suis aussi monitrice de portage formée par l'Association Française de Portage des Bébés.