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La Vaccination

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les vaccins… sans jamais oser le demander


Comme je suis médecin, on m’a sollicitée pour écrire un article sur la vaccination qui réponde aux questions les plus fréquemment posées.
Comme je suis flemmarde, je me suis demandé – sans méchanceté aucune, hein – pourquoi les gens qui se posent des questions ne vont pas eux-mêmes chercher des réponses sur les sites fiables.

Alors comme je suis sympa, j’ai fait une petite recherche pour vous et j’en ai trouvé plusieurs, comme celui-là :
www.vaccination-info-service.fr

ou celui-là :
http://www.infovac.fr.  

Il y a même un moteur de recherche qui vous aide à savoir si vous êtes à jour de vos vaccins :
https://www.mesvaccins.net.

Et sinon, vous avez un mémo pratique pour comprendre en un coup d’œil le calendrier des recommandations vaccinales en France (avril 2016) ici : http://www.vaccination-info-service.fr/sites/default/files/2016-04/calendrier-vaccinal-2016.pdf

Si je rédige un article sur la vaccination, mon devoir de médecin (et de parent) c’est d’informer de façon correcte.

En 2016, une information correcte doit démontrer aux parents que la vaccination c’est utile. Pour quelqu’un qui évolue dans un milieu médical, c’est un peu comme démontrer qu’il faut se laver les mains avant de manger : c’est vachement dur parce que ça devrait être une évidence. Mais ce qui est une évidence pour la plupart des gens repose sur des fondements qui méritent d’être (ré)exposés !

C’est parti,  je vous propose de répondre à huit questions que l’on m’a souvent posées à propos de vaccins. Et pour les autres, consultez donc les sites ci-dessus qui sont très bien faits. Bonne lecture !

Les vaccins : comment ça marche ?

On crée artificiellement un microbe non dangereux (atténué, mort ou coupé en petits morceaux) et on l’introduit dans le corps, le plus souvent par injection. Il est reconnu par l’immunité et détruit. Ses caractéristiques sont mises en mémoire dans l’organisme et des anticorps pour le détruire sont conservés. Le jour où le corps est de nouveau en contact avec un microbe ressemblant (le vrai, cette fois-ci), les anticorps le détruisent très rapidement et la maladie est évitée.

Pourquoi vacciner mes enfants ? Et pourquoi aussi tôt ?

  • On vaccine pour éviter des maladies qui sont graves, ou qui n’ont pas de remède, ou qui risquent de se compliquer de séquelles graves. Par exemple, la poliomyélite cause des paralysies, la rougeole des pneumonies, l’Haemophilus influenzae B des méningites, l’hépatite B des cirrhoses et des cancers du foie.

  • On vaccine pour éviter des maladies chez le vacciné, mais aussi pour éviter de les transmettre aux personnes les plus fragiles qui nous entourent (personnes ayant eu une greffe d’organe, personnes âgées, nouveau-nés, personnes ayant une maladie respiratoire ou cardiaque chronique…). La vaccination, c’est aussi protéger les autres. D’ailleurs quand le taux de vaccination baisse, cela provoque des épidémies, comme l’épidémie de rougeole qui sévit en France depuis 2008.

  • On vaccine dès l’âge le plus jeune car les bébés sont la cible des maladies concernées. C’est avant deux ans qu’ils sont le plus vulnérables aux méningites, pneumonies, etc. Les vaccins ont largement contribué à réduire la mortalité infantile.

Décider de ne pas vacciner son enfant, c’est donc choisir de ne pas lui procurer une protection efficace contre des maladies graves, et prendre la responsabilité d’exposer la population à des maladies parfois mortelles.

Pourquoi vacciner contre l’hépatite B ?

L’hépatite B, c’est une maladie grave et fréquente. En France, il y a environ 300 000 personnes porteuses de l’hépatite B, 50 000 nouveaux cas par an. 1300 personnes meurent chaque année des complications de l’hépatite B (cirrhose, cancer du foie, hépatite fulminante). L’hépatite B s’attrape essentiellement par relations sexuelles, contacts sanguins et aussi par transmission de la mère à l’enfant. Le vaccin est très efficace, surtout s’il est administré à un enfant jeune.

Le vaccin est aussi nécessaire pour exercer certains métiers, notamment dans le domaine du soin.

Quels sont les vaccins obligatoires en France et lesquels sont simplement recommandés ? Et pourquoi ?

Le seul vaccin obligatoire en France l’est depuis les années 1920, c’est le vaccin anti diphtérie-tétanos-poliomyélite. L’obligation vaccinale est inscrite dans la loi. Cela a permis de faire disparaître ces maladies graves de France. Mais ces maladies peuvent revenir si le taux de vaccination diminue. Il y a de nouveau des cas de diphtérie en Europe de l’Est par exemple, ce ne sont pas des maladies complètement éradiquées.

Le calendrier vaccinal est disponible ici : http://www.vaccination-info-service.fr/sites/default/files/2016-04/calendrier-vaccinal-2016.pdf

Quelles sont les contre-indications des vaccins ? Pourquoi ne pas vacciner ?

Certains vaccins dits « vaccins vivants atténués » sont faits à partir de microbes affaiblis. Ils ne rendent pas malade, à moins d’avoir les défenses immunitaires très diminuées comme dans certaines maladies chroniques (chez les patients ayant une leucémie, après une greffe d’organe etc.). On ne les utilise pas non plus chez la femme enceinte. Les autres vaccins ont des contre-indications moins larges (allergie à certains composants, antécédent d’allergie grave avérée à un vaccin de même type etc.). Seul votre médecin peut poser une contre-indication vaccinale avec certitude.

  • Ca fait beaucoup de vaccins, le calendrier vaccinal… Est-ce que ce n’est pas trop pour le système immunitaire ?

Non, le système immunitaire est très performant et a l’habitude de faire face à des centaines d’antigènes différents chaque jour. Quand on a un rhume, le système immunitaire est laaaaaaargement plus mis à contribution qu’au moment de la vaccination. Pour info, au total si on suit les recommandations, ça ne fait que 138 antigènes. 138 versus des millions au cours d’une vie… Bof. Pas de quoi paniquer. Le fait de les grouper n’est pas risqué, cela permet de réaliser moins d’injections, et c’est moins galère pour les rendez-vous chez le médecin.

  • L’aluminium, les adjuvants… c’est dangereux ? Est-ce que ça n’est pas mieux de ne pas vacciner pour ne pas s’exposer à ces composants ?

L’aluminium est un adjuvant, c’est-à-dire un composant des vaccins, utilisé depuis 1928 et qui sert à rendre les vaccins plus efficaces en rendant plus visible « l’affichage » des éléments étrangers devant le système immunitaire de notre corps. 88 ans après le début de son utilisation dans les vaccins, les maladies ont laaaaaaargement reculé, améliorant la santé des gens. Si on ne se vaccine pas, les maladies réapparaissent. Par exemple aux Etats-Unis, il y a eu une diminution du nombre d’enfants vaccinés contre la coqueluche entre 1973 et 2013. Résultat : 21 000 cas en 2013 contre seulement 1000 en 1973. Un nourrisson sur 100 en meurt.

Les vaccins permettent d’éviter les épidémies. Il y a TOUJOURS moins de malades quand on vaccine.

Aujourd’hui, il n’est en revanche pas scientifiquement prouvé qu’un adjuvant tel que l’aluminium expose les populations vaccinées à des maladies de façon certaine.

Ne pas se vacciner par crainte que le vaccin donne des maladies est donc un raisonnement à l’envers à l’échelle d’une population – je ne parle pas des contre-indications particulières, temporaires ou définitives, que votre médecin peut vous faire à titre individuel, évidemment.

C’est plus clair ?

  • Est-ce que les vaccins donnent des maladies auto-immunes ? Quels sont les effets indésirables des vaccins ?

Citons le site www.vaccination-info-service.fr :
"Plusieurs centaines de millions de personnes sont vaccinées chaque année en France et dans le monde sans développer de maladies particulières.
Le vaccin est un médicament. Comme pour tous les médicaments, il peut y avoir des effets secondaires ou indésirables (petite fièvre, douleur au point d’injection). Ces effets éventuels sont beaucoup moins importants que ceux que peuvent causer la maladie contre laquelle protège le vaccin."

Vous avez sans doute entendu des gens ayant constaté différents symptômes survenus après une vaccination. Mais « après » ne veut pas dire « à cause de ». A l’échelle d’une seule personne, c’est quasi-impossible à prouver. Pour faire un parallèle grossier : si une personne mange un gratin de chou-fleur et vomit 12 heures plus tard, est-ce à cause du gratin de chou-fleur ?

De la même façon, pour prouver un lien de cause à effet, il faut aussi prendre en compte « l’imputabilité » du vaccin dans la survenue du problème de santé…

Aujourd’hui où en est-on des preuves statistiques ?

Médicalement parlant, il n’existe pas de preuve scientifique d’un lien de cause à effet :

  • ni entre autisme et vaccin Rougeole-Oreillons-Rubéole (une étude dont les données avaient été falsifiées est à la base de cette rumeur. Elle a été retirée de la publication suite à la découverte de la manipulation. C’était en 1998)

  • ni entre sclérose en plaques et vaccin anti-hépatite B (une étude menée sur plus de 10 ans, « KIDSEP », a formellement démontré que c’était faux)

  • ni entre vaccin anti-Human PapillomaVirus  (« anti-HPV », vaccin pour prévenir le cancer du col de l’utérus) et thromboses, ni entre vaccin anti-HPV et décès prématurés.

Un antécédent personnel ou familial d’autisme, de maladie auto-immune, de thrombose n’est donc pas une contre-indication vaccinale.

J’espère que cette mise au point vous a été utile.

A vos carnets de santé pour vérifier que tout est à jour !

 

Elsa Kogel

Elsa Barros - Kogel est médecin généraliste, ancien assistant des hôpitaux, et mère de trois enfants. Elle vit en région parisienne.