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La théorie de l’attachement appliquée à l’adolescence : 8 applications

J’ai remarqué que dans notre culture, il existe une certaine tendance à être complètement perdu quand il s’agit d’adolescence (vous savez, ce voyage magique entre l’enfance et l’âge adulte...).

Bien souvent, nous ancrons notre parentalité dans les valeurs de l’attachement et appliquons les principes de cette théorie et, au fur et à mesure, alors que la tâche se complique, nous perdons pied et nous nous en remettons aux méthodes ordinaires.

La majeure partie de la littérature sur l’adolescence axe l’éducation durant cette période sur « l’individualisation », et enjoint les parents à se retirer, précisément au moment où nos enfants ont besoin d’être rapprochés. Je suis tentée d’accuser les blessures culturelles dans l’inconscient collectif sur la notion de « grandir » et ces blessures transcendent notre culture.

Contrairement à la croyance populaire, l’éloignement entre un parent et son enfant n’est pas une forme saine d’individualisation.

Le docteur Terri Aptar, dans son livre You Don’t Really Know Me : Why Mothers and Daughters Fight and How Both Can Win, écrit : « la mission de l’adolescence n’est pas de rompre la proximité, mais de la faire évoluer » .

La relation parent/enfant se métamorphose considérablement durant l’adolescence, mais le but ultime devrait être de préserver l’attachement sécure que nous avons établi durant leur enfance. On peut le faire en continuant à faire appel à notre instinct et à notre intuition comme boussole, tout en appliquant les principes fondamentaux de la théorie de l’attachement à nos grands enfants.

Voyons voir à quoi cela peut ressembler.

Les 8 principes de la théorie de l’attachement appliqués à l’adolescence.

  1. Comprendre la phase biologique/physiologique du développement de votre enfant : afin de pouvoir comprendre votre adolescent, vous devez pouvoir comprendre leur niveau de développement et ses tenants et aboutissants. En comprenant le développement de votre enfant, vous adopterez une optique qui vous permettra d’avoir des attentes réalistes de votre adolescent à tous les niveaux. Le Gesell Institute of Human Development a publié une série d’ouvrages qui correspondent à chaque stade de développement. C’est une bonne base pour décortiquer les phases de développement de nos enfants.
     
  2. Les nourrir d’amour et de respect : quand nos adolescents étaient bébés, la théorie de l’attachement nous encourageait à être à l’écoute des signaux de faim et de satiété. Grâce à cela, nos bébés savaient qu’ils étaient pris en considération, qu’ils étaient en mesure de communiquer, et que l’on subviendrait à leurs besoins avec amour et tendresse. Nous pouvons appliquer cette même méthode avec nos adolescents, mais la nourriture devient mots et actions. De la même façon que nos bébés ont besoin d’être nourris plusieurs fois par jour, nos adolescents ont besoin d’avoir leurs esprits nourris plusieurs fois par jour. Les scientifiques sont en mesure de prédire la viabilité d’un mariage, ou son échec, sur la base d’un coefficient de 5 pour 1, c’est-à-dire que pour chaque interaction négative, le couple a 5 interactions positives. Cette même idée peut s’appliquer à nos adolescents. C’est très facile de tomber dans le piège des interactions négatives ou des interrogatoires (tu as sorti la poubelle, quand dois-tu rendre ton exposé, pourquoi tu ne me parles de cela que maintenant…) au détriment des interactions positives (merci de ton aide, tu as un sens de l’humour exceptionnel, je t’aime...). Nos adolescents ont encore besoin d’entendre, de sentir et de savoir que nous les aimons et que nous aimons leur compagnie. Nous devons chercher à nourrir leur esprit au quotidien, avec nos mots et nos actions.
     
  3. Réagir avec sensibilité : mon plus jeune enfant a 4 ans. Quand elle manifeste une attitude négative ou qu’elle présente des difficultés à gérer ses émotions, mon esprit énumère une liste de possibilités : faim ? fatigue ? surstimulation ? ennui ? anxiété ? La réponse à ces questions me permet quasiment systématiquement de réagir efficacement et avec sensibilité à son besoin réel. Cela se vérifie également chez nos adolescents. Nous pouvons écouter les émotions, ou leur signification profonde, derrière leurs mots et comportements, et répondre d’abord à cela. Quand on parle avec nos adolescents, il faut tenter d’emprunter un ton empreint de respect, de dignité, d’humanité, de sollicitude. Nous cherchons à être empathique, à leur écoute, sans se précipiter pour leur apporter des solutions. Avec nos adolescents, il peut être judicieux de maintenir les conseils non sollicités au strict minimum, et si l’on doit réellement donner ces conseils, le faire avec délicatesse, et leur demander s’ils sont réceptifs. Ainsi, nous montrons que nous croyons en leur capacité à résoudre leurs problèmes, et que nous restons à leur disposition pour les aider.
     
  4. Toucher avec bienveillance : certains enfants sont, par nature, plus affectueux que d’autres. Pour certains enfants, le toucher est leur langage d’amour premier. Le besoin de contact bienveillant est universel, et il est indispensable que nous maintenions ce niveau d’affection avec nos adolescents. Passer affectueusement la main dans leurs cheveux quand vous passez derrière leur bureau est un geste simple, mais ce geste communique votre amour et votre connexion. Une accolade, une tape dans la main, un massage, ou un câlin sur le canapé, voilà autant de bonnes façons de maintenir un contact physique avec votre adolescent. Demandez, observez ce qu’ils aiment, et proposez-le leur régulièrement, avec amour.
     
  5. Garantir leur sécurité physique et émotionnelle : nous ne pouvons pas toujours contrôler la vie, et parfois, des incidents se produisent. Quand c’est le cas, il faut que nos enfants sachent où nous trouver pour être aidés. L’une des meilleurs choses que l’on peut faire en tant que parents, pour augmenter la probabilité que notre adolescent vienne vers nous en temps de crise, c’est de créer un environnement dans lequel nos adolescents se sentent assez en sécurité pour s’exprimer. Sur tout. En créant un espace de parole sécure pour discuter ou pour poser des questions sur des choses normales de la vie, l’anatomie, la physiologie, les menstruations, la masturbation, l’orientation sexuelle, la vie et la mort, la politique et l’actualité, nous leur garantissons qu’ils pourront venir nous voir quoi qu’il arrive et que nous pourrons être à la hauteur. C’est aussi une bonne idée de le rappeler explicitement à nos adolescents : « tu peux venir me parler, quoi qu’il se passe, quoi que tu aies fait, je serai toujours de ton côté, et nous pourrons tout résoudre ensemble ».
     
  6. Prodiguer de la constance et de la tendresse : Nos adolescents perçoivent l’énergie derrière nos mots et nos actions, et quand nous ne sommes pas réellement présents pour eux, ils le sentent. J’aimerais pouvoir tout laisser tomber et consacrer toute mon énergie, être fraiche et dispo quand mon adolescent veut me parler. Ce n’est pas toujours facile, et je n’y arrive pas toujours, mais s’il y a une chose que j’ai appris sur le métier de parent, c’est qu’il y a des moyens de faciliter la connexion et la conversation, mais qu’en fin de compte, ce sont eux qui tiennent les rênes. Il vaut mieux admettre les distances quand elles sont présentes, et quand elles s’effacent à nouveau, c’est le moment de s’unir sur le plan émotionnel. Synchronisez-vous aux humeurs de vos adolescents. Il est particulièrement judicieux d’éliminer toutes les distractions – téléphone, radio etc – pour faire de cette reconnexion un moment privilégié.
     
  7. Pratiquez la discipline positive : mon mantra pour la discipline des adolescents est la suivante : privilégiez le lien au contrôle. Nous devons placer la relation au premier plan, parce que tenter d’élever un adolescent quand la relation est fragilisée, c’est comme pousser une brouette vers le sommet d’une colline. Quand nous sommes émotionnellement liés à nos enfants, les choses trouvent leur place et la discipline n’est plus vraiment problématique. Le plus important serait peut-être de ne pas prendre personnellement leur attitude. Une attitude négative n’est pas nécessairement dirigée contre vous, tout comme les crises de votre bambin ne l’étaient pas. Une attitude négative peut avoir trait à des émotions confuses et à une immaturité dans la capacité à les comprendre et à les exprimer. Quand vous prenez personnellement leur attitude, vous aurez tendance à vous refermer, ou à vous défouler sur eux, ce qui ne fera qu’empirer la situation. Au lieu de cela, placez des limites sur un ton calme et assertif.
     
  8. Cherchez l’équilibre dans la vie personnelle et familiale : Cela implique de garder un œil sur la dynamique de la famille et de vous assurer que les besoins de chacun sont reconnus, comblés, validés. Cela signifie également de faire en sorte que le temps passé en famille reste une priorité dans la vie de nos adolescents.

Pour aller plus loin : Retrouver son rôle de parent, de Gordon Neufeld et Gabor Mate

 

Article traduit et adapté du blog www.themotherdaughternest.com pour Ima Family

Ima Family

Ima-Family, c’est un collectif de mamans qui se sont rencontrées sur Internet et ont décidé, ensemble, d’être actives dans leur rôle de parent et de redéfinir, dans la société actuelle, les standards de l’éducation et de la dynamique familiale