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L'engorgement et comment en finir au plus vite!

Une partie de votre sein (si ce n’est le sein entier) est dure ? Peut-être rouge et chaude ? Cette zone est douloureuse ? Vous savez de quoi je parle ?
Vous l’avez deviné, il s’agit bien d’un engorgement.
Oui, je sais bien que pour celles qui en ont eu, ce mot ne fait certainement pas partie de leurs plus beaux souvenirs de maman allaitante ! Et pour cause…
Mais c’est un problème que je rencontre fréquemment dans ma pratique de marraine d’allaitement et je voudrais vous apporter ici mon éclairage. 

Pour commencer, qu’est-ce-que c’est qu’un engorgement ? 

Généralement, c’est la conséquence de canaux galactophores mal vidés, pas assez drainés. Le lait s’accumule dans le sein, et stagne dans les petites unités de stockage appelées « acinus » et rassemblées en grappe (imaginez une grappe de raisin avec de nombreux grains gorgés de jus). Cette accumulation est la cause de cette tension douloureuse que la maman ressent dans son sein.

By Andrewmeyerson (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

 

Il existe de multiples raisons à ce drainage insuffisant et il me parait important de les identifier au risque de faire des engorgements à répétition :

  • Le sein subit une pression : la maman appuie dessus pendant la tétée pour dégager le nez du bébé, son soutien-gorge comporte des baleines qui compriment une partie du sein, le pan d’une écharpe de portage trop serrée qui écrase le sein, dormir sur le ventre ou avoir son bébé endormi longtemps contre son sein.
  • la maman a une forte lactation et un bébé rapidement rassasié qui ne lui vide pas suffisamment le sein.
  • un climat stressant autour de la maman qui l’empêche de « laisser sortir son lait » tranquillement (la lactation fonctionne grâce à 2 hormones : la prolactine qui fait produire du lait et l’ocytocine qui permet l’éjection du lait. Or, la sécrétion de cette dernière est intimement liée à l’état émotionnel de la maman)

On sait également que certaines femmes sont plus prédisposées que d’autres à avoir des engorgements. 

Que faire pour se soulager ?

  • Pour le sein lui-même, on va alterner le chaud et le froid. La chaleur permet au sein de « goutter » et favorise l’éjection du lait. Le froid agit comme un anesthésiant local, et permet de soulager l’œdème. L’idée est donc de chauffer le sein avant la tétée et de le refroidir après. 

Pour le chauffer, posez dessus des compresses mouillées (petite serviette de toilette, gant) aussi chaudes que vous pouvez le supporter, prenez une douche chaude, ou encore mieux : utilisez une bassine (ou un bol) remplie d’eau chaude, penchez-vous au-dessus et faites tremper votre sein dedans une dizaine de minutes (vous pouvez également le masser dans l’eau) ; cette position où votre sein pend, associée à l’eau chaude donne d’excellents résultats (c’est d’ailleurs mon conseil de prédilection).

Pour le refroidir, utilisez des patchs qu’on met au réfrigérateur ou au congélateur (dans ce cas, ne posez pas directement le sachet sur la peau mais enveloppez-le dans une serviette), ou tout simplement un paquet de petits pois congelés (également enveloppé dans une serviette) !

  • L’application de feuilles de chou (préalablement écrasées au rouleau à pâtisserie) ou de cataplasmes d’argile donne également de bons résultats.
  • Donnez le sein le plus souvent possible à votre bébé ! En effet, il n’y a pas mieux que lui pour vider votre sein ! (Malheureusement, je constate souvent que les mamans, par crainte de la douleur, évitent de donner le sein engorgé…).

Vous pouvez également, pendant la tétée, masser la zone dure en circulaire afin de faciliter son drainage.
Ou encore allaiter votre bébé en position dite de « la louve ». Vous posez votre bébé sur le dos, et vous vous mettez à 4 pattes au-dessus de lui et vous lui donnez le sein (on en revient à la position dans la bassine d’eau chaude).
Position déconcertante je vous l’accorde, mais qui a fait ses preuves !

  • Buvez normalement (pas de restriction de liquide par peur de fabriquer encore plus de lait)
  • Reposez-vous (de toutes façons, avec un bébé il faut s’accorder des moments de repos, même si on ne s’endort pas)

Il est très important de réagir rapidement, dès qu’on sent les premiers signes d’un engorgement.
En effet, un engorgement qui dure risque de se transformer en mastite (anciennement appelée lymphangite).

Une mastite est une inflammation de la glande mammaire et provoque de la fièvre et des symptômes grippaux (frissons, courbatures etc…). Elle est également le signe d’une grande fatigue, d’où la nécessité absolue de vous ménager et de vous reposer le plus possible, au lit idéalement.

Les consignes données pour l’engorgement sont bien entendu valables, à ceci près qu’il est souvent nécessaire d’utiliser des analgésiques de type paracétamol. Sachez que l’ibuprofène 400 est généralement d’un grand secours, car c'est un anti-inflammatoire qui soulage l’œdème de votre sein. Si la fièvre ne cède pas au bout de 24 à 48h, il faudra consulter un médecin qui vous prescrira peut-être des antibiotiques (faites attention à ce qu’ils soient compatibles avec l’allaitement !)

Le revers d’un engorgement ou d’une mastite est une baisse de lactation. La raison en est toute simple : lorsque votre corps ressent cette tension due à la stagnation du lait dans la glande mammaire, il va libérer des protéines qui en ralentissent la production. Ce principe appelé le Facteur d’Inhibition de la Lactation, ou FIL, empêche tout simplement votre sein d’ « exploser » sous la pression…

Pas de panique : avec du repos et une augmentation de la fréquence des tétées, votre lactation reprendra de plus belle au bout de quelques jours.
Quoi qu’il arrive, ne restez pas comme ça, l’engorgement ne passera pas tout seul ! Appliquez les conseils donnés plus haut, et surtout continuez à allaiter aussi fréquemment que possible. 

Très rapidement, cet épisode pénible sera derrière vous !

 

Karine Sananes

Passionnée depuis longtemps par l'univers des nourrissons, je vous propose, à travers mes ateliers de massage, de découvrir leurs besoins ainsi que leur façon de communiquer, mais aussi comment leur apporter détente et réconfort. J’accompagne et soutiens également les mamans qui souhaitent allaiter ou qui allaitent déjà.