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Iyar- A votre santé !

Le mois d’Iyar est situé après celui de Nissan, avec le peuple d’Israël sortant d’Egypte (Pessah), et juste avant celui de Sivan, avec le Don de la Torah (Chavouot). Difficile d’être à la hauteur lorsque l'on est un trait d’union entre deux mois et deux événements si grands ! Le mois d’Iyar, nom d’origine babylonienne comme les autres mois de l’année juive, est un des rares mois à ne pas être désigné uniquement par son ordre dans l’année (deuxième mois depuis la sortie d’Egypte), mais aussi avec un nom en hébreu, celui de Ziv. Le nom babylonien signifie lumière, celui en hébreu est dans le même registre et signifie radiance. Mises à part les journées devenant de plus en plus longues durant ce mois, y a-t-il une autre explication pour donner ce nom lumineux à ce mois qui de prime abord parait « ombragé » par ceux le côtoyant ?

 

Deux événements se sont produits durant le second mois depuis la sortie d’Egypte. Le peuple d'Israël arrive à Marah au début de ce mois puis, quinze jours plus tard, il atteint le désert de Zin.

A l’étape de Marah, le peuple vient de passer trois jours dans le désert de Chour sans trouver d’eau. Une source d’eau est présente à Marah, mais comme le nom de l’endroit l’indique, ses eaux sont amères et donc imbuvables. Après s’être plaint à Moïse, qui à son tour s’adresse à D.ieu, la solution est donnée : Moïse jette un bâton à l’eau qui s’adoucit. Cet épisode se termine ainsi : « cham sam lo ‘hok oumichpat vecham nisa’ou », « c’est alors qu’Il lui imposa un principe et une loi, c’est alors qu’Il le mit à épreuve », suivi par une explication : si nous écoutons D.ieu et suivons Ses Lois, « aucune des plaies dont J’ai frappé l’Egypte ne t’atteindra, car Moi l’Eternel, Je te préserverai ». Ces derniers mots « Ani Hashem Rofeikha », littéralement  « je suis D.ieu ton guérisseur », est également un acrostiche du mot Iyar, notre mois.

Le deuxième événement se produit quinze jours plus tard. Cette fois, ce n’est pas l’eau mais le pain qui vient à manquer, et le désespoir qui surgit : pourquoi faire sortir d’Egypte un peuple qui était « assis près des marmites de viande »  « pour faire mourir de faim tout ce peuple » ? Ici aussi D.ieu pourvoit aux besoins du peuple en faisant tomber une nourriture céleste, la manne ; ici aussi il y a une épreuve afin de voir si le peuple saura écouter les ordres divins (ne ramasser que ce dont ils ont besoin quotidiennement, prendre une double portion le vendredi et ne pas sortir le Chabbat).

En sortant d’Egypte, le peuple d’Israël savait que la libération physique n’était qu’une étape préliminaire et qu’afin d’arriver au but, l’entrée en Terre Promise, il devait passer par une autre étape : celle de devenir des Ovdei Hashem, des esclaves de D.ieu. En d’autres termes : recevoir et accepter la Torah. Vivre une vie de Torah implique de reconnaître la présence divine dans tous les aspects de notre vie. En sortant d’Egypte, les enfants d’Israël ont déjà vu la Providence Divine « en pleine action », avec tous les effets spéciaux en action : les dix plaies, la partition de la Mer Rouge… Il est maintenant temps d’apprendre que dans le quotidien aussi la Providence Divine est présente, et que nous devons agir en conséquence. La première étape, comme nous l’avons vu, est à Marah où D.ieu nous a donné « ‘hok oumichpat » : des ordres sans logique apparente (la vache rousse par exemple), des ordres dont nous percevons la logique mais pour lesquels nous n’y aurions pas pensé de nous-mêmes (le Chabbat), d’autres encore d’ordre social (justice) et enfin des Mitsvot dont l’évidence est « naturelle » (tel le respect des parents). En recevant ces Mitsvot en un tout, nous apprenons qu’elles nous sont toutes nécessaires, qu’il nous faut les observer toutes, qu’elles aient une logique apparente ou non. En suivant ces préceptes, nous garantissons aussi qu’ « aucune des plaies dont J’ai frappé l’Egypte ne t’atteindra, car Moi l’Eternel, Je te préserverai ». Ces lois et ces préceptes sont la meilleure prévention, le meilleur médicament pour le corps humain et social. La deuxième étape, une fois ce principe de base compris, est celle de la confiance en D.ieu jusque dans les plus petits détails. Il n’est pas question de ne pas faire d’effort et d'attendre que la manne tombe du ciel directement dans notre assiette (ou encore l’argent sur notre compte bancaire…) : il est indispensable de sortir chaque jour pour récolter le nécessaire, et il est tout aussi indispensable d’avoir toujours cette certitude que si nous avons fait tout ce qui est possible, le reste suivra. En passant par ces deux étapes, le peuple d’Israël reçoit le mode d’emploi essentiel afin de pouvoir quitter leur état « esclaves des Egyptiens » pour devenir « esclaves de D.ieu »; il reçoit le code afin de pouvoir comprendre et agir selon la Torah qu’il est sur le point de recevoir. Le mois d’Iyar est bel est bien le trait d’union entre ceux de Nissan et Sivan, il met littéralement la lumière sur les points qui n’étaient pas encore clairs.

Le mois d’Iyar est également considéré comme ayant une ségoula particulière de guérir. En partie de par cet acrostiche de « Je suis D.ieu ton guérisseur » qui suit notre comportement selon les lois données par D.ieu, qu’elles nous soient logiques ou pas, mais également du fait que la manne ait commencé à tomber ce mois-ci. En effet, hormis sa propriété à ne rester bonne que pour un jour, sauf le vendredi où elle restait fraiche pour Chabbat aussi, et hormis sa propriété à pouvoir être préparée de quelle que manière que l’on veuille et à prendre le goût préféré de la personne la mangeant (ou plutôt la dégustant…), la manne avait une autre caractéristique très spéciale : elle était totalement adaptée au corps de la personne la mangeant, toutes les particules ingérées étaient absorbées par le corps. Cela causa des frayeurs au peuple : habituellement, si le corps n’arrive pas à expulser les substances qui ne lui sont pas nécessaires, il est en grand danger. Dans le cas de la manne, il n’y avait pas de restes que le corps devait éliminer : elle était parfaitement adaptée aux besoins de la personne.

Nous savons que bien souvent notre corps s’affaiblit, ou bien nous tombons malades parce que la nourriture que nous ingérons n’est pas adaptée à nos besoins. Un changement de régime alimentaire peut fréquemment faire des miracles et c’est généralement la première chose à faire lorsque l’on commence un traitement.  Nous n’avons plus la manne, mais cela ne nous donne pas la liberté de ne pas optimiser notre santé.

Arrivés au Mont Sinaï, les enfants d’Israël réalisèrent qu’il n’y avait plus de malades ni d’infirmes. Tous avaient été guéris durant le mois d’Iyar, le mois où D.ieu annonça qu’Il était leur guérisseur s’ils suivaient Ses Préceptes, le mois où Il leur donna la nourriture optimale pour leur corps à laquelle ils avaient accès s’ils mettaient toute leur confiance en Lui.

 

Je vous souhaite un excellent mois d’Iyar et une bonne santé à tous.

 

Sources :

Exode 15, 23-26 et 16 ; 1-4

Gour Aryeh - Deutéronome 5;16

R. S.R. Hirsch – Exode 15, 25

Bné Yissaschar Maamar Hodech Iyar 1

Nathalie Loewenberg

Nathalie est une yoetzet halakha - conseillère en pureté familiale. Elle est aussi une épouse et une mère. Son défi quotidien est de remplir pleinement ces différents rôles entre 2 carreaux de chocolat et un verre de thé (au lait s'il vous plait).