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Dépister les troubles visuels de vos bout’chous d’amour

Dépister les troubles visuels de votre enfant constitue l’un des facteurs majeurs de prévention de l’échec scolaire. En cette période de rentrée, autant se remettre un peu les idées au clair sur quels troubles dépister, quels signaux d’appels doivent vous interpeller, et quels professionnels consulter.

De façon systématique, on préconise un premier dépistage visuel à l’âge de 9 mois, puis un second à 24 mois. Ces dépistages peuvent se pratiquer en centre de PMI (Protection Maternelle Infantile), ou bien chez un ophtalmologiste, et votre pédiatre se doit de vous le rappeler si vous oubliez de le faire. C’est même inscrit dans le carnet de santé de votre enfant. 

Les principaux défauts visuels dépistables à cet âge sont :

  • la myopie ;
  • l’hypermétropie ;
  • l’astigmatisme ;
  • l’amblyopie ;
  • et les strabismes.

Les enfants « à risque » sont :

  • les prématurés (nés avant 35 semaines d’aménorrhée) ;
  • ceux dont le poids de naissance était inférieur à 1500g ;
  • ceux dont les parents (père et/ou mère) ou un membre de la fratrie a/ont porté une correction optique avant l’âge de 10 ans et/ou présente(nt) un strabisme ou une amblyopie ;
  • ceux dont la mère a présenté une séroconversion de la toxoplasmose pendant la grossesse ;
  • ceux ayant été victimes d’infections materno-fœtales ;
  • ceux présentant des anomalies chromosomiques.

La myopie est un trouble de la vision de loin. L’œil myope va avoir une longueur d’axe supérieure à celle d’un œil parfaitement emmétrope (c’est-à-dire qui voit parfaitement sans besoin de correction optique), et l’image va donc arriver en arrière de la rétine et provoquer un flou visuel en vision de loin. Votre enfant va donc avoir tendance à se rapprocher de ses centres d’intérêt pour mieux les apprécier. Donc si votre enfant se colle le nez sur son livre ou se rapproche en permanence de tout ce qu’il souhaite voir, et si, de surcroît, quelqu’un de la famille porte des lunettes: consultation chez l’ophtalmologiste dans les plus brefs délais !

L’hypermétropie, c’est le contraire de la myopie. On a affaire à un œil plus petit dans lequel l’image se forme en avant de la rétine. Et c’est là que c’est super vicieux. Votre enfant naît naturellement hypermétrope. C’est ce qu’on appelle l’hypermétropie physiologique. On ne corrigera en lunettes l’hypermétropie qu’à partir du moment où l’hypermétropie physiologique sera dépassée. De plus, votre enfant est capable d’accommoder, c’est-à-dire de produire un effort visuel pour ramener l’image sur la rétine. Et c’est pour cette raison précise que bien souvent, l’hypermétropie est un défaut visuel très mal dépisté et parfois mal corrigé. Il faut donc être particulièrement attentif au comportement visuel et même au comportement tout court de votre enfant. Le fait de produire cet effort visuel d’accommodation peut engendrer différents symptômes : yeux rouges, céphalées, vision floue (transitoire ou prolongée), fatigue, diplopie intermittente, ou même strabisme. Au moindre doute, il faut consulter, et surtout, je vous en conjure : à partir du moment où un ophtalmologiste prescrit une correction optique à votre enfant, les lunettes seront alors à porter TOUTE la journée (on les enlève pour la douche et se coucher), mais même pour le sport ou toute autre activité, on chausse les lunettes, ce qui permettra au cerveau de votre enfant de comprendre qu’il peut relâcher son effort d’accommodation, et supprimer ainsi la fatigue engendrée.

L’astigmatisme, je vais le faire assez schématique : l’œil se retrouve en forme de ballon de rugby plutôt que de ballon de foot. Ca gêne à toutes les distances, et bien sûr, mêmes recommandations que pour l’hypermétropie, port de la correction optique en permanence.

L’amblyopie est un défaut de développement de la vision de votre enfant, qui n’arrivera pas à être corrigé avec une correction optique. Très vicieux, car ce trouble peut être simplement unilatéral… Il se rééduque très bien s’il est dépisté de façon précoce ;  plus tôt on le dépiste, mieux on le corrige. En gros, après 8 à 10 ans, les résultats sont quasi nuls alors que pour un enfant préverbal on obtiendra un très grand taux de réussite. On comprendra donc l’intérêt de la visite à 9 mois ainsi que celle à 24 mois !

Le strabisme est un défaut de parallélisme des axes visuels. Il existe plusieurs types de strabismes : convergents, divergents, avec ou sans composante verticale, intermittents ou non. Là encore, plus tôt on dépiste, et plus tôt on mettra en place le traitement adapté. A chaque strabisme son traitement, et il serait illusoire de vouloir tout lister ici (cela peut aller du simple port de lunettes à une chirurgie, en passant par de la rééducation…). Ce qu’il faut retenir, c’est que si votre enfant n’a pas les yeux parallèles, il faut consulter. A nuancer toutefois pour les six premiers mois de la vie, où il est normal d’avoir parfois certains mouvements anarchiques des yeux, puisque la vision binoculaire finit de se mettre en place. Votre bébé a des muscles très toniques, et il est très fréquent de voir son bébé loucher sur son biberon quand il le boit.

Je rappelle juste qu’il est important de consulter en premier lieu un ophtalmologiste, qui saura ensuite vous dire si votre enfant doit :

  1. porter une correction optique ou non (et dans ce cas là, il faut s’orienter vers un opticien qui s’y connaît en lunettes pédiatriques, c’est-à-dire parfaitement adaptées au visage des enfants ; les enfants ont la base du nez souvent très plate, et il faut également que la monture couvre bien la totalité de l’œil jusqu’aux sourcils pour empêcher l’enfant de regarder au dessus de sa monture).
  2. consulter un orthoptiste pour une éventuelle rééducation (en cas d’amblyopie, ou bien de fatigue visuelle non résorbée par le port de correction optique par exemple).

Catherine Levy - Alexandre

Orthoptiste