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Comment protéger vos enfants des abus sexuels et de la maltraitance ? Les conseils d’un pédiatre

Comment protéger vos enfants des abus sexuels et de la maltraitance ? Les conseils d’un pédiatre.

En tant que parents, notre devoir est de garantir la sécurité de nos enfants. Sans rentrer dans des détails sordides, je dois avouer qu’une à deux fois par mois, je reçois en consultation des enfants qui ont été sexuellement agressés. À la lumière des scénarios les plus classiques qu’il m’a été donné de voir, voici quelques pistes, qui à mon sens, méritent réflexion, pour déceler et prévenir des abus sexuels :

  1. Le lieu et l’auteur de l’incident vous sont probablement familiers. Les membres de la famille et les amis sont de loin les auteurs les plus communs. Il peut s’agir de jeunes adolescents comme d’adultes. Le plus souvent, il va s’agir d’un cousin, d’un voisin que l’on connait bien, du grand frère d’un ami, d’un baby-sitter, du père/beau-père, de l’oncle, du petit-ami de la mère. Parfois, c’est une femme, mais c’est assez rare à moins qu’elle ne s’approche d’un enfant pour gagner les faveurs d’un adulte.
    Les mouvements de jeunesse sont le deuxième lieu de prédilection des agresseurs, et généralement parce que les enfants ne sont pas sous surveillance étroite. L’école, les colonies, les activités sportives peuvent aussi être le théâtre d’abus sexuels, mais il est rare que les enfants soient autorisés à être seuls en présence d’un enseignant ou d’un moniteur. Demandez au corps enseignant ou à l’équipe des mouvements de jeunesse quelles sont leurs directives en matière de sécurité pour les enfants. Ce n’est jamais parfait, mais au moins, ils savent qu’il y a des parents consciencieux et tout le monde reste transparent.

  2. Les soirées pyjama : je veux en parler séparément, parce que c’est un sujet sensible. J’autorise ma fille à passer la nuit chez quelques amies (environ 5 familles). Je ne la laisse jamais dormir chez des familles dont je ne connais pas personnellement les parents, ce qui signifie qu’elle ne passe pas la nuit chez des camarades d’école. Jamais en bande de copains, car si un enfant venait à être isolé, cela passerait inaperçu. Cela dit, je ne saurais vous dire combien de fois mes patients m’ont confié avoir été attouché ou bien avoir vu leur premier film pornographique durant une soirée pyjama. Je n’ai qu’une seule chance pour élever mes enfants, et je préfère être un parent méchant et pas drôle que de risquer quoi que ce soit. 

  3. Utiliser des termes anatomiques appropriés pour décrire les organes de votre enfant. Les yeux sont des yeux, les genoux sont des genoux, et les pénis sont des pénis. N’utilisez pas de termes mignons et vagues. C’est déroutant pour les enfants, surtout au cas où ils auraient quelque chose à signaler. Cela contribue également à la dé-stigmatisation du corps.

  4. Discerner le « toucher sécurisé » du « mauvais toucher » : assurez-vous que vos enfants fassent la différence. Généralement, je décris le « toucher sécurisé » par le toucher sur des régions qui ne sont pas couvertes par un maillot de bain, comme les épaules, la tête ou les pieds. Les touchers sécurisés sont ceux qui devraient leur procurer une sensation de calme et de sécurité, comme un câlin de la part de maman. Le « mauvais toucher », c’est lorsque l’on touche des endroits qui sont recouverts par des sous-vêtements. C’est aussi les touchers qui vont rendent angoissé, apeuré ou inquiet. J’explique que si une personne touche d’une façon qui met mal à l’aise, c’est un mauvais toucher, et qu’il faut en parler aux parents. Et dites à vos enfants qu’il n’y ne doit y avoir aucun secret entre adultes et enfants à propos des mauvais touchers, qu’ils ne se feront jamais disputer pour en avoir parlé. Si un enfant vous confie quelque chose, croyez-le. Les enfants mentent pour fuir un problème, pas pour en créer. Et s’il y a un degré d’isolation ou de prédation impliqué, alors l’enfant pensera qu’il va s’attirer des problèmes s’il en parle. Donc quand ils disent quelque chose, prenez-les au sérieux.

  5. « Les étrangers sont un danger » est un mythe. L’écrasante majorité des épisodes d’abus sexuels impliquent un adulte que la famille de l’enfant connait. Soyez attentifs à la phase dite « de préparation » durant laquelle un adulte s’attire les faveurs de l’enfant et de sa famille afin que ces derniers baissent la garde. Ils essaieront d’établir une relation de confiance avec la famille et chercheront des occasions pour se retrouver seuls avec les enfants. Leur objectif : que les plaintes des enfants semblent inventées de toutes pièces. Ce scénario se reproduit dans la quasi-totalité des cas qu’il m’a été donné de voir. Parce que la plupart des enfants agressés sont agressés par un ami proche ou un membre de la famille, quelqu’un en qui ils ont confiance. Ils veulent simplemnt que l’abus cesse.

  6. Surveillez ce que vos enfants regardent sur leurs smartphones et leurs tablettes, et particulièrement en compagnie d’enfants dont les parents ne sont pas spécialement regardants. Généralement, je dis aux parents de chaque préado et adolescent que tant qu’ils payent pour le téléphone de leurs enfants, et tant qu’ils sont mineurs, il est de leur responsabilité de surveiller les activités de leurs enfants sur les réseaux sociaux, les messageries etc. Il y a tellement de moyens de dissimuler son activité en ligne que les parents ont presque toujours un train de retard.

  7. Le plus important, faites confiance à votre intuition. Si quelqu’un vous semble bizarre, ou trop gentil à l’égard de vos enfants, faites-vous confiance et assurez-vous que cette personne ne soit jamais seule avec votre enfant. Nous avons tous été dans des situations où il faut juste être poli mais que la personne nous met mal à l’aise. Dans certains cas, ne pas suivre son intention peut se révéler potentiellement dangereux.

Je n’enferme pas mes enfants en jetant la clef par la fenêtre, même si j’aimerais les protéger pour toujours. Mais en tant que mère, et en tant que pédiatre, voici quelques pistes pour faire en sorte que vos enfants soient en sécurité. Il est de mon devoir de mettre l’accent sur certaines situations potentiellement dangereuses. Et, juste pour que vous sachiez, chez nous, ces conversations commencent autour des 4 ans de l’enfant.

Tobi est une épouse, mère de deux enfants, pédiatre et directrice d’un cabinet de pédiatrie à Nashville, Tennessee.

Article adapté d’un article paru sur le site: The Mom Creative

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ima Family

Ima-Family, c’est un collectif de mamans qui se sont rencontrées sur Internet et ont décidé, ensemble, d’être actives dans leur rôle de parent et de redéfinir, dans la société actuelle, les standards de l’éducation et de la dynamique familiale